Procédure en cas de manquement

Lorsqu’un membre a un comportement contraire à la charte (manque de respect, non-respect du consentement, non-participation, mise en danger des membres, bris de confidentialité etc.) la situation est alors examinée dans un esprit d’écoute bienveillante et de médiation par le Maître et les autres membres lors d’un conseil. Chaque personne concernée a la possibilité de s’exprimer et d’être entendue. La communauté privilégie l’acte réparateur et la pédagogie plutôt que la sanction punitive. L’objectif est d’apprendre ensemble, de restaurer la confiance et d’éviter la répétition du manquement.

Exemples de manquement et conséquences :

  • Manque de respect ou de non-respect du consentement, la personne concernée est invitée à présenter publiquement ses excuses lors d’un cercle de parole. Selon les besoins, il ou elle pourra proposer ou participer à un atelier ou une discussion dédiée sur le consentement, afin d’approfondir sa compréhension du sujet.
  • Atteinte à la confidentialité Pour vivre heureux, vivons caché, si un partage non autorisé d’informations ou d’expériences vécues dans la communauté est diffusé, en fonction de la gravité du préjudice, le membre peut être expulsé et poursuivi s’il y a préjudice, ou rédiger alors une lettre d’engagement renouvelé envers la confidentialité, s’engage à soutenir un membre dans une tâche où la confiance joue un rôle central...
  • Aventure sexuelle en dehors la communauté, Cela provoque un risque d’ITS pouvant mettre en danger tous les membres de la communauté. Dans ce cas, le membre devra se tester deux fois sur trois mois et devra se protéger strictement pour tous les rapports dans la communauté.
  • En cas de non-participation aux tâches collectives, le membre s’engage à organiser ou à prendre en charge la prochaine activité collective : cela peut être la préparation d’un repas, l’entretien d’un espace commun, ou une corvée...
  • En cas de comportement jugé toxique, répétitif ou grave est observé (harcèlement, insistance, mise sous pression, etc.), la communauté peut imposer une suspension temporaire de la participation aux activités selon la gravité. La réintégration passe alors par une séance de médiation approfondie. En cas de récidive, l’exclusion de la communauté peut être collectivement décidée, dans le respect de la personne.

Jugement des manquements

Il se fait selon les valeurs fondamentales du BDSM  : consentement, sécurité, communication et respect mutuel, le jugement se fait collectivement pour garantir l’équité et l’absence d’abus de pouvoir.

  • Constat du manquement  : Le Maître ou la première soumise, doit recueillir les faits de manière objective, en donnant la parole à toutes les parties
  • Réunion du cercle de jugement  : Constituer un cercle de membres avec face au Maître et à la première soumise, le Membre incriminé.
  • Rituel de parole  : Utiliser un cadre rituel avec bâton de parole, où l’expression se fait de façon ordonnée et respectueuse, en respectant les codes, les postures, droit de parole, symboles d’écoute.
  • Analyse selon la charte  : Examiner si le manquement outrepasse les règles fondamentales  : par exemple, bris du consentement, mise en danger volontaire, manque d’honnêteté ou de respect.
  • Délibération et résolution  : Décider d’une sanction ou d’une réparation qui restaure la confiance et la sécurité, toujours avec l’accord de la communauté et du ou de la concernée si possible.

Les Sanctions

  • Sanctions réparatrices  : Prioriser la réparation du lien et la prise de conscience plutôt que la simple punition.
  • Symbolisme BDSM  : La sanction peut prendre une forme ritualisée  : gestes symboliques, postures, services, moments d’écoute, etc., mais toujours dans le respect du consentement et des limites de chacune
  • Exclusion temporaire ou définitive : En cas de bris grave (non-respect du consentement, mise en danger), l’exclusion temporaire ou permanente de la communauté peut être envisagée, selon ce qui est prévu par la charte

Il reste à documenter les règles et les procédures dans la charte pour éviter tout arbitraire, à former les membres au consentement, aux signes de détresse, et à la gestion de conflit pour garantir une justice qui privilégie le dialogue réparateur, la confiance et la co-construction plutôt que des punitions humiliantes ou déshumanisantes.